Rôle de la plasticité phénotypique dans la spécialisation aux plantes hôtes chez les mouches des fruits (Diptera : Tephritidae).

Dans le cadre du Master BEE (Biodiversité Ecologie Evolution) Parcours « Biodiversité et EcoSystèmes Tropicaux Terrestres » (BEST-T), l'Umr-Pvbmt offre un stage de Master 2 pour une période de 6 mois de Janvier à Juin, pour l' année universitaire 2016 – 2017 qui se déroulera au laboratoire du Pole de Protection des Plantes au Cirad à Saint Pierre.

Sujet développé :

 Les insectes phytophages ont accès à un très grand nombre de ressources disponibles. Cependant, ils ne répondent pas tous de la même façon à cette diversité de plantes-hôtes. En effet, ils présentent des degrés de spécialisation très variables : certaines espèces étant spécialistes strictes d’une seule espèce de plante, d’autres au contraire pouvant être généralistes et se développer sur un grand nombre de plantes appartenant à des familles différentes. Ce degré de spécialisation est influencé par des différents facteurs intrinsèques (génétiques) et extrinsèques (conditions biotiques et abiotiques du milieu).

Parmi ces différents facteurs, l’impact de la plasticité phénotypique sur les préférences et les performances d’un insecte phytophage a été peu étudié. La plasticité phénotypique est définie comme la capacité d’un individu à modifier sa physiologie, sa morphologie ou son comportement en réponse aux changements des conditions environnementales (Agrawal 2001). Chez les insectes herbivores, elle s’exprime par leur capacité à s’adapter à la structure chimique, nutritionnelle et physique de leurs plantes hôtes. Cette plasticité a beaucoup été étudiée chez les pucerons montrant une influence des conditions d’élevage sur la préférence d’hôte, avec une forte préférence pour les plantes sur lesquelles les pucerons avaient été élevés (Gorur et al. 2007).

Le modèle d’étude utilisé pour ce stage sera la famille des mouches des fruits (Diptera : Tephritidae).Ces mouches sont responsables d’un grand nombre d’invasions biologiques malgré la procédure de quarantaine mise en place (Duyck et al, 2004). Elles causent d’importants dommages dans les cultures agricoles car les femelles pondent des œufs dans de nombreux fruits et légumes de toutes les régions tropicales et subtropicales du monde. Les espèces de cette famille ont des gammes d’hôtes de tailles différentes avec un chevauchement possible en termes de plantes hôtes. (Duyck et al. 2006; Duyck et al. 2007; Duyck et al. 2008).

Cette situation est observée à l’île de la Réunion où 8 espèces de Tephritideae, considérées comme ravageurs, sont présentes. Ces espèces possèdent des gammes d’hôtes différentes allant d’une grande polyphagie (jusqu’à 50 hôtes appartenant à une vingtaine de familles)  à une oligophagie restreinte (e.g. 5 hôtes appartenant tous à la famille des Cucurbitaceae

Publiée : 19/09/2016

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