Contribution à la conservation et à la valorisation de l'agrobiodiversité à l'île de La Réunion

Michel Roux de l'Umr-Pvbmt, soutiendra sa thèse de doctorat le mardi 11 juillet 2017 à Sup Agro à Montpellier, 2 place Viala 34060 Montpellier - salle Salle A - Bâtiment 1

Résumé :

Depuis plus de 30 ans, mes activités professionnelles sont consacrées à l’étude et la valorisation de la diversité génétique des plantes alimentaires,en particulier des espèces tropicales souvent orphelines. Ces études sur l’agrobiodiversité des zones tropicales ont concerné la conservation, l’état sanitaire et la diversité génétique d’espèces variées (pomme de terre, riz, oignon et ail, fabacées et cucurbitacées, palmiers, …).Les ressources phytogénétiques sont des éléments majeurs des progrès de l’agriculture dans les pays du sud. Elles sont aujourd’hui de plus en plus menacées par la spécialisation et l’intensification des systèmes de production ainsi que les changements globaux tels que le réchauffement climatique, l’anthropisation des milieux. De plus, l’accès et l’usage de ces ressources à des fins de recherche et de valorisation se sont complexifiés Ecole Doctorale GAIA : Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eauhttps://www.adum.fr/script/detailSout.pl?mat=88665&site=gaia[04/07/2017 11:01:55]en raison des aspects juridiques découlant de la Convention sur la Diversité Biologique et de la protection des innovations variétales.La première partie de mon dossier de VAE retrace mon parcours professionnel en France et à l’étranger. Ce parcours est ponctué de phases d’activités professionnelles variées avec des responsabilités croissantes et de reprises d’études diplômantes qui m’ont conduit au poste de chercheur que j’occupe depuis 2001 au Cirad à La Réunion. Pour illustrer mes activités de recherche, trois projets sont présentés dans la seconde partie de mon document de VAE.Le premier décrit des travaux de création variétale d’oignons tropicaux de jours courts. Il fait appel à des méthodes d’amélioration variétale classiques : introduction de diversité, création de familles hybrides, recombinaison et fixation des caractères par autofécondation, sélection récurrente individuelle et phénotypique. La sélection portait sur les principaux caractères suivants : rendement, teneur en matière sèche, couleur et forme du bulbe ainsi que la tolérance aux maladies. Plusieurs variétés permettant de diversifier et d’améliorer la production locale ont été créées.Le second projet concerne la multiplication végétative d’une espèce de palmier exotique (Bactris gasipaes), introduite à La Réunion pour la diversification de la production agricole. La méthode de multiplication in vitro par embryogenèse somatique dérive des méthodes développées pour d’autres espèces de palmiers. Une étude histologique a mis en évidence une zone d’induction de la callogenèse à partir des cellules épidermiques de limbes foliaires juvéniles. Un protocole de multiplication a été mis au point puis développé par une start-up spécialisée dans la production in vitro de plantes agricoles et ornementales.Le troisième projet est focalisé sur la conservation des ressources génétiques en milieu tropical, en particulier pour les espèces à multiplication végétative. Il est illustré par la mise au point d’un protocole de cryoconservation d’apex pour les vanilliers. Malgré de nombreuses difficultés liées à la spécificité des vanilliers, les résultats montrent la faisabilité de la technique de droplet-vitrification. En parallèle, des essais de cryoconservation de semences ont été conduits avec succès.Au final, une analyse du contexte réglementaire en lien avec les droits de propriété intellectuelle et l’accès aux ressources génétiques est présentée.Elle s’appuie sur le cas de La Réunion et met en évidence les difficultés (voire les incongruités) rencontrées dans la mise en oeuvre, en milieu tropical, de réglementations établies par les pays du Nord, surtout pour des espèces orphelines.Ce dossier de VAE est complété par la mise en perspective de ma participation à un projet concernant la conservation et la valorisation de variétés locales de manioc en Afrique. Ce projet de réseau régional, particulièrement important pour lutter contre les deux principales maladies à virus du manioc, mobilisera différentes disciplines (génétique, santé des plantes et sciences sociales) dans une approche intégrée.

Publiée : 04/07/2017

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