Spécialisation d’hôte au sein d’une communauté d’insectes phytophages . Le cas des Tephritidae à La Réunion : Soutenance de Thèse

Dans le cadre de son Doctorat au sein de l'Umr-Pvbmt, Maud Charlery de La Masselière, soutiendra sa thèse de doctorat en science, Biologie et environnement, le 19 Septembre 2017, à 9h00 à l’Université du Tampon, amphithéâtre Olympe de Gouges

Résumé

Les insectes phytophages forment un groupe d’organismes très diversifié et la plupart sont considérés comme spécialistes. Les patrons de spécialisation des insectes vis à vis de leurs plantes hôtes dépendent en partie de leur capacité à interagir avec les plantes (niche fondamentale) et aux facteurs environnementaux modulant ces interactions et aboutissant aux observations en milieu naturel (niche réalisée). La spécialisation fondamentale est déterminée par l’évolution conjointe de deux traits : la performance des larves et la préférence des femelles.

Pour comprendre cette spécialisation, nous avons étudié une communauté de huit espèces de mouches des fruits (Diptera : Tephritidae) présentes à La Réunion.

Dans un premier temps, nous avons déterminé la niche réalisée de chaque espèce et montré que ces niches étaient structurées par la phylogénie des plantes avec D. demmerezi, D. ciliatus et Z. cucurbitae spécialistes des Cucurbitaceae, N. cyanescens spécialiste des Solanaceae et C. catoirii, C. capitata et C. quilicii généralistes attaquant des plantes de différentes familles. Après l’invasion de B. zonata en 2000, C. capitata et C. quilicii ont subi une réduction de leur gamme d’hôtes.

Dans un deuxième temps, nous avons déterminé la niche fondamentale de ces espèces (sauf D. ciliatus). Nous avons évalué les préférences des femelles en mesurant la fécondité de chacune d’entre elles sur une gamme de 29 fruits, puis nous avons testé l’existence d’une corrélation entre la préférence des femelles et la performance des larves (mother knows best hypothesis). Nous avons montré une corrélation positive chez spécialistes des Cucurbitaceae qui pondent sur les plantes pour lesquelles les larves survivent le mieux contrairement aux généralistes pondant et survivant sur une large gamme d’hôtes mais sans corrélation entre ces deux traits.

Enfin, la sélection de l’hôte par les femelles se faisant principalement grâce aux composés organiques volatils (COVs) émis par les fruits, nous avons montré que les fruits infestés par les généralistes ont pour point commun l’émission de COVs responsables de la maturation des fruits. Au contraire, les fruits de plusieurs Solanaceae émettent des COVs spécifiques suggérant la détection de ceux-ci par les femelles de N. cyanescens. Les Cucurbitaceae émettent des COVs abondants peu présents dans les autres familles suggérant une détection d’un mélange spécifique de ces COVs par les Tephritidae spécialistes des Cucurbitaceae.

Publiée : 28/08/2017

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